Que l'on soit un enduriste passionné, un pilote de motocross, un amateur de gros trail ou pistard du dimanche, la passion de la moto nous pousse souvent à vouloir explorer des horizons lointains. Et pour cela, une étape est quasi inévitable : le transport. Loin d'être un simple détail logistique, le choix de la remorque est un investissement stratégique qui conditionne la sécurité de votre machine, votre confort et finalement la qualité de vos déplacements.
Face à la multitude de modèles, de réglementations et de spécificités techniques, il est facile de se sentir perdu. Ce guide complet est conçu pour vous éclairer et faire de vous un expert capable de choisir, en toute confiance, le compagnon de route idéal pour votre moto.
Avant de choisir : Les questions fondamentales à vous poser
1. Quel type de moto à transporter ? Poids ET gabarit.
Le poids est le critère technique majeur, mais le gabarit (l'encombrement) de la moto est tout aussi crucial. Transporter une moto d'enduro fine et légère de 110 kg n'impose pas les mêmes contraintes qu'une grande routière de 350 kg équipée de valises et d'un top-case large.
- Poids et Nombre : Chaque remorque possède une Charge Utile (CU) maximale. Additionnez le poids de toutes les motos (tous pleins faits) pour connaître la charge dont vous avez besoin.
- Gabarit : Une moto large nécessitera une plateforme plus grande et des points d'ancrage mieux positionnés pour un arrimage stable et sans contact avec la carrosserie.
2. Pour quel usage ? La polyvalence avant tout ?
Aurez-vous besoin de transporter uniquement votre moto, ou la remorque doit-elle être un couteau suisse ? De nombreux modèles à plateau permettent de transporter un quad, un tracteur-tondeuse ou même du matériel de bricolage. Penser à ces usages futurs peut rendre votre investissement bien plus rentable.
3. Quelle est la capacité de mon véhicule tracteur ?
Consultez la carte grise de votre voiture (case F.3) pour connaître son Poids Total Roulant Autorisé (PTRA). Le poids total de votre convoi (voiture chargée + remorque chargée) ne devra jamais excéder ce chiffre.
4. Où et comment vais-je la stocker ?
C'est le critère que l'on oublie... jusqu'au retour de la première sortie. Une remorque, même petite, occupe un volume conséquent. Le manque d'espace est un argument majeur en faveur des solutions pliantes.
Le panorama des solutions : À chaque motard sa remorque
1. La remorque rail : l'option minimaliste
- Idéale pour : Le transport occasionnel d'une seule moto légère et fine.
- Points faibles : Stabilité précaire, polyvalence limitée, et surtout, visibilité totale de la moto, ce qui augmente le risque de vol.

2. La remorque plateau : la reine de la polyvalence
- Idéale pour : Transporter une ou deux motos de tout type, ainsi que d'autres véhicules (quads, etc.).
- Points faibles : Chargement standard via des rampes, encombrement au stockage et la moto reste exposée aux regards.
3. La remorque fermée : la "forteresse" roulante
- Idéale pour : Les compétiteurs, les motos de grande valeur, les grands voyageurs.
- Points forts : Protection meilleure contre le vol et les intempéries, discrétion totale. Une astuce essentielle est de la garder anonyme : évitez les autocollants de marques de moto ou d'équipement qui indiquerait la valeur de son contenu aux personnes malintentionnées.
- Points faibles : Budget très élevé, poids conséquent (surconsommation de carburant ud véhicule tracteur), prise au vent importante.

Le "Game-Changer" : Les remorques abaissantes et pliantes
Et si l'on pouvait cumuler la stabilité d'un plateau, une facilité de chargement déconcertante et un rangement ultra-compact ? C'est précisément la promesse tenue par les remorques pour moto de Cochet, qui révolutionnent le transport grâce à deux innovations majeures : le système abaissant du plateau et son pliage.
Fini l'angoisse de la rampe ! Le plateau s'abaisse, manuellement ou hydrauliquement, jusqu'au ras du sol. Charger seul un gros trail de 240 kg ou même deux motos côte à côte, ce qui relevait de l'épreuve de force, devient alors une simple formalité. Le risque de chute, hantise de tout motard lors de cette manœuvre délicate, est tout simplement éliminé. Une fois la moto déchargée, le second atout se révèle : la remorque se replie pour se ranger à la verticale contre un mur de garage, libérant un espace précieux.
Ces remorques Cochet illustrent parfaitement cette nouvelle génération d'équipements. En tant que fabricant français, l'entreprise a fait de ces systèmes abaissants et pliants sa véritable signature, offrant une solution complète aux contraintes les plus fortes du motard. Loin d'être un simple gadget, c'est un véritable investissement dans le confort et la sécurité qui transforme l'expérience du transport de sa machine.

Tableau comparatif des solutions de remorquage moto
Pour y voir plus clair, voici un résumé des points forts et des points faibles de chaque grande famille de remorques.
| Critère | Remorque Rail | Remorque Plateau | Remorque Fermée | Remorque Abaissante/Pliante |
|---|---|---|---|---|
| Budget | € | €€ | €€€€ | €€€ |
| Facilité de chargement | Délicate | Moyenne | Bonne | Excellente |
| Sécurité (Vol/Intempéries) | Faible | Faible | Maximale | Faible |
| Polyvalence | Très faible | Très élevée | Élevée | Très élevée |
| Facilité de stockage | Bonne | Faible | Très faible | Excellente (si pliante) |
Au-delà du choix : Les règles d'or pour un transport serein
Une bonne remorque ne fait pas tout. La manière de l'utiliser est tout aussi cruciale.
- La répartition du poids : la clé de la stabilité. C'est un principe de physique non négociable. La majorité du poids de la moto (environ 60%) doit se trouver légèrement en avant de l'axe de la remorque. Une charge trop en arrière créera un effet de "fouet" et rendra l'attelage dangereusement instable.
- L'arrimage : plus que de simples sangles. Un bon arrimage immobilise la moto et comprime légèrement ses suspensions. L'équipement essentiel comprend un bloque-roue avant, des sangles de qualité (4 au minimum) et des points d'ancrage solides.
- Remorque freinée ou non ? Pour les charges lourdes (une grosse moto ou deux motos), une remorque freinée est un gage de sécurité majeur. Elle réduit drastiquement les distances d'arrêt et soulage le véhicule tracteur.
- Les aides au chargement : Pour les motos les plus lourdes et en l'absence de système abaissant, un treuil manuel peut être une aide précieuse pour hisser la moto sur sa remorque sans effort physique.
- Longs trajets, exigences accrues : Si vous prévoyez de traverser la France, ne négligez pas la qualité de l'essieu, la présence d'une suspension et de pneus renforcés. Pour les arrêts prolongés, un antivol de remorque et un bloque-disque sur la moto sont des précautions indispensables.
Acheter une remorque moto d'occasion, quel sont les risques ?
Le marché de l'occasion peut sembler attractif pour des raisons budgétaires, mais il impose en contrepartie de posséder un minimum de connaissances mécanique et une vigilance accrue pour évaluer l'état d'une remorque moto. L'achat neuf, quant à lui, offre une tranquillité d'esprit inégalée grâce à la garantie constructeur et l'assurance d'un matériel sans vice caché.
Les points de contrôle essentiels pour une remorque d'occasion
Si vous optez pour une remorque de seconde main, une inspection méticuleuse est indispensable avant tout achat. Voici votre check-list :
- Le châssis : Traquez la rouille, surtout la rouille perforante au niveau des soudures et des points de contact. Vérifiez l'absence de fissures ou de déformations qui pourraient indiquer un ancien accident.
- L'essieu et les roulements : Soulevez chaque roue et faites-la tourner. Elle doit tourner librement, sans bruit suspect (grondement). Saisissez la roue à deux mains et essayez de la bouger latéralement pour détecter un éventuel jeu dans les roulements.
- Le système de freinage (si équipé) : Inspectez l'état des câbles et testez le fonctionnement du frein de parc.
- Les pneus : L'âge est plus important que l'usure. Des pneus craquelés sur les flancs sont un danger, même si la bande de roulement semble bonne. Ils devront être changés impérativement.
- Le faisceau électrique : Testez toutes les lumières avec votre véhicule (clignotants, freins, veilleuses). Un faisceau défectueux peut être coûteux à remplacer.
- Les documents : Pour une remorque avec un PTAC supérieur à 500 kg, la carte grise est obligatoire. Vérifiez que le numéro de série frappé sur le châssis correspond bien à celui du document.
Réglementation et aspects pratiques : L'essentiel à retenir
Pas de panique, nul besoin d'être juriste. Voici ce qu'il faut simplement garder en tête :
- Immatriculation : Une remorque de plus de 500 kg de PTAC (Poids Total Autorisé en Charge) doit avoir sa propre carte grise et sa propre plaque d'immatriculation.
- Permis de conduire : Tout dépend de la somme des PTAC de votre voiture et de votre remorque. Le Permis B suffit tant que cet ensemble ne dépasse pas 3500 kg. Si la somme se situe entre 3501 kg et 4250 kg, une simple formation de 7h (B96) est requise. Au-delà de 4250 kg, le Permis BE devient obligatoire.
- Qualité : Privilégiez toujours un châssis galvanisé à chaud pour lutter contre la rouille et un essieu de marque reconnue pour la fiabilité.
Choisir sa remorque est une décision presque aussi importante que le choix d'un bon casque. C'est un investissement qui doit être guidé par la raison, la sécurité et une analyse fine de vos besoins réels. En prenant le temps de peser chaque critère – du gabarit de votre moto à la qualité de ses suspensions, en passant par la répartition des masses – vous ne choisirez pas seulement un assemblage de métal et de roues. Vous vous offrirez la liberté de vivre votre passion sans contraintes, où que le vent et les routes vous mènent.




