GP de France EnduroGP 2026 : 30 000 spectateurs, 3 M€ de retombées, le bilan XXL du MC les Razmottes
Trois semaines après avoir refermé le paddock du Grand Prix de France et au lendemain de la finale du Mondial disputée au Pays de Galles, le Moto-Club Les Razmottes tire le bilan complet de son épreuve. Pour sa toute première organisation internationale, le club ardéchois livre des données chiffrées détaillées qui illustrent l'impact populaire, économique et environnemental d'un Grand Prix d'EnduroGP moderne.
Une première historique marquée par le souvenir et l'émotion
Derrière la réussite sportive et l'engouement du public, ce Grand Prix restera douloureusement marqué par la disparition tragique de Ludovic, bénévole du club, victime d'un accident le dimanche 19 juillet au soir, immédiatement après les célébrations du podium. L'équipe d'organisation, par la voix de son président Thibault Costechareyre, a tenu à saluer sa mémoire avec dignité, tout en associant à cet hommage la mémoire de Jean-Claude Charbonnier, figure locale disparue.
Lancé quinze mois plus tôt, le projet constituait un véritable défi pour le Moto-Club Les Razmottes, qui n'avait jamais organisé de manche internationale et implantait pour la première fois de l'histoire le championnat du monde d'enduro en terre ardéchoise.
30 000 spectateurs et gratuité totale : la réussite populaire de ce GP de France 2026
Le choix du club de maintenir un accès 100 % gratuit pour le public a transformé l'épreuve en un immense rassemblement intergénérationnel. Sur les trois jours de course, près de 30 000 spectateurs ont pris d'assaut les abords des spéciales et le paddock central.
Un moment de complicité capté sur le parcours, fidèle à l'accessibilité et à la convivialité de la discipline. - Photo : Freenduro
Cette affluence s'est également traduite dans le succès des animations extra-sportives, fidèles à l'esprit convivial de la discipline : une DJ Party le vendredi soir après le Super Test, suivie le samedi soir du traditionnel bal des pompiers rassemblant le village et la caravane du mondial autour d'une paëlla géante, d'un concert et d'un feu d'artifice.
Drapeaux tricolores, tronçonneuses et ambiance de folie au bord des spéciales : le public français a répondu présent en masse à Saint-Agrève - Photo : Freenduro
Le triplé de Zach Pichon sur un tracé salué par les pilotes
Sur le plan purement sportif, 200 pilotes (répartis à parts égales entre les catégories reines de l'EnduroGP et le National Trophy) ont pris le départ sur un parcours de liaison de 60 km traversant sept communes de Haute-Ardèche.
Dans ce cadre naturel exigeant articulé autour de quatre spéciales (Super Test, Extreme Test, Cross Test et Enduro Test), les pilotes français ont particulièrement brillé devant leurs supporters. La performance du week-end revient sans conteste à Zach Pichon (TM Moto), auteur d'un triplé retentissant : victoire dès le vendredi lors de l'Akrapovic Super Test, puis domination sans partage dans la catégorie Enduro 2 le samedi et le dimanche et en bonus la victoire EnduroGP le samedi devant le public français survolté.
Vendredi soir, en s'imposant sur le Super Test, Zach Pichon a fait résonner La Marseillaise devant un public ardéchois en liesse. – photo : Freenduro
3 millions d'euros d'impact économique pour 300 000 € de budget
Face aux interrogations récurrentes sur la légitimité des sports mécaniques, le bilan financier établi par les organisateurs fournit un argumentaire solide et concret en faveur de l'enduro:
- Un budget d'organisation maîtrisé : environ 300 000 € investis par le club, équilibrés grâce au soutien déterminant de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, du Département de l'Ardèche, de la communauté de communes Val'Eyrieux, de la municipalité de Saint-Agrève et de la FFM.
- Un impact économique direct supérieur à 3 millions d'euros : généré directement sur le territoire par la consommation des spectateurs et de la caravane internationale.
- Une consommation locale concentrée : plus de 1 000 personnes extérieures (pilotes, structures d'usine, officiels de la FIM, médias) ont séjourné en moyenne 5 jours complets sur place, sollicitant massivement les hébergements, la restauration, les commerces et les stations-service locaux.
- Une exposition médiatique internationale : 20 diffuseurs TV dans 100 pays, 990 000 abonnés sur les plateformes officielles du promoteur et une moyenne de 6 millions de vues vidéo par Grand Prix, offrant une vitrine touristique majeure à l'Ardèche.
N'en déplaise à nos détracteurs (vous savez, ceux qui ont brillé par leur absence lors des incendies en Gironde et dans le Var) : avec plus de 3 millions d'euros injectés à Saint-Agrève, l'enduro prouve qu'il est un moteur économique de premier plan. - Photo : Freenduro
Label FIM « KISS » : un modèle de cohabitation environnementale
Intégré dès la genèse du projet, le volet écologique a valu à l'organisation l'obtention du label environnemental officiel FIM KISS (Keep It Shining and Sustainable). L'organisation a mis en œuvre un cahier des charges rigoureux pour limiter l'empreinte de la course et valoriser les sentiers:
- Concentration des déplacements : deux spéciales étaient implantées immédiatement à côté du paddock, tandis que les deux autres étaient situées à moins de 6 km. L'assistance technique unique au paddock a éliminé les flux de véhicules suiveurs sur le réseau routier.
- Protection et valorisation durable des chemins : pose de passerelles amovibles pour préserver les zones humides et travaux de réfection des 60 km de parcours, dont l'entretien s'achèvera cet automne au bénéfice direct des randonneurs, vététistes et usagers locaux.
- Normes d'exploitation strictes : respect rigoureux des contrôles sonores FIM/FFM, tapis environnementaux obligatoires sous toutes les motos (parc fermé et stands), collecte sélective des huiles et fluides mécaniques.
- Sobriété des ressources : objectif « zéro papier » grâce aux applications digitales (Sportity), gobelets et contenants recyclables aux buvettes, et compensation des émissions carbone via le programme EnduroGP Forest.
Inclusion et transmission : les initiatives Bellino et jeunesse
Le Grand Prix s'est également démarqué par deux actions sociétales fortes:
- L'accessibilité PMR : avec le parrainage du double champion du monde Mathias Bellino, des parkings réservés ont été aménagés au plus près des départs, complétés par des cheminements spécifiques permettant aux personnes à mobilité réduite d'accéder à des points de vue sécurisés et directs sur les spéciales.
- L'initiation des jeunes : une mini-spéciale éducative encadrée par des éducateurs a permis à 186 enfants âgés de 6 à 12 ans de faire leurs premiers tours de roues en moto tout-terrain au cours du week-end.
Mathias Bellino entouré à gauche d'Alexis Beaud et à droite de Thibault Costechareyre président du MC les Razemottes - Photo: Fred Gauchy
30 000 heures de bénévolat pour un tour de force associatif
Ce bilan met en lumière l'ampleur de l'engagement humain : le noyau dur du club et les plus de 300 bénévoles mobilisés ont cumulé plus de 30 000 heures de travail pour assurer la réussite de l'épreuve.
En démontrant qu'une épreuve de mondial peut concilier gratuité pour les passionnés, retombées massives pour les commerces locaux et respect strict des espaces naturels, le Moto-Club Les Razmottes a posé un standard d'organisation pour les futurs Grands Prix de France d'Enduro.
Le résumé vidéo officiel du Grand Prix
Retrouvez les images fortes, l'ambiance et les temps forts du week-end à travers le clip bilan produit par le Moto-Club Les Razmottes:
L'édito Freenduro : carton plein en 2026, mais privé de GP en 2027 ?
Ce bilan éclatant laisse forcément un goût doux-amer à l'heure où les regards se tournent déjà vers la saison prochaine. Alors que le Moto-Club Les Razmottes vient de délivrer une véritable leçon d'organisation — démontrant par A + B qu'un Grand Prix en France peut réunir 30 000 spectateurs, injecter 3 millions d'euros dans l'économie locale et respecter scrupuleusement son environnement —, le calendrier EnduroGP 2027 a pourtant choisi de faire l'impasse sur l'Hexagone.
Une absence difficile à digérer pour la communauté des enduristes tricolores comme pour nos pilotes. Priver la France d'une manche du Mondial après une telle démonstration populaire, sportive et territoriale ressemble à une occasion manquée de la part du promoteur et de la FIM. Espérons que les instances mondiales sauront s'inspirer de la réussite de Saint-Agrève pour réinstaller très vite la France à la place qu'elle mérite sur l'échiquier international.





