Vidéo : L'inside de Josep Garcia au GP de France jusqu'à son 9e titre mondial

En coulisses avec Josep Garcia : Derrière les célébrations à Saint-Agrève, où Josep Garcia s'est adjugé le titre EnduroGP et la couronne E1 avant la finale en Galles, le pilote espagnol a vécu un week-end sous tension. Dans son dernier vlog, l'officiel KTM revient sur les difficultés traversées cette année, entre pépins physiques dissimulés, ajustements mécaniques en altitude et gestion de sa vie de famille.

Le week-end dernier à Saint-Agrève, en Ardèche, a couronné le maître de la discipline : Josep Garcia a décroché la couronne suprême en EnduroGP, ainsi que le titre en catégorie E1. S'adjugeant ainsi son 9e titre mondial, l'officiel KTM a semblé maîtriser son sujet. Pourtant, le visionnage de son dernier vlog révèle une réalité plus complexe : un pilote sous pression, aux prises avec des doutes mécaniques et la gestion d'une saison éprouvante.

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Une saison marquée par des blessures gardées secrètes

Si Garcia a affiché une grande régularité au sommet, son début d'année a été nettement plus difficile qu'il n'y paraissait. Il explique en fin de vidéo avoir dû gérer deux problèmes physiques tenus secrets jusqu'alors : une luxation de l'épaule survenue lors d'un test avant l'ouverture du championnat, suivie de soucis à la cheville gauche toujours en cours de traitement avec ses médecins.

« On n'en a pas parlé en public, mais lors d'un test juste avant de commencer l'année, je me suis luxé l'épaule. Ensuite, j'ai eu des problèmes à la cheville gauche [...]. Quand tu obtiens un tel résultat, tout le bon revient, mais aussi tout ce que tu as souffert. »

Papa et pilote : le défi logistique et mental au Portugal

Au-delà de la douleur physique, la saison de l'Espagnol a été marquée par un événement personnel majeur : la naissance de sa deuxième fille, Mía, en plein GP du Portugal. Entre la pression du championnat et les allers-retours incessants à la maternité pour assister à l'accouchement, Garcia qualifie cette période de véritable épreuve physique et mentale.

« Je suis devenu père pour la seconde fois de ma fille Mía au Portugal. Ça a été un vrai calvaire avec tous ces voyages dans tous les sens pour arriver à temps, mais j'ai pu la voir naître. Je vis un rêve : j'ai toujours voulu être un jeune papa tout en restant un pilote actif qui gagne des titres et donne la meilleure version de lui-même avec ses deux filles et sa femme. »

Cette stabilité familiale, partagée avec sa femme et ses deux filles (Celia et Mía), est devenue son véritable moteur pour garder un mental d'acier jusqu'au sacre français.

Le moteur  de KTM 250 EXC-F mis à mal par l'altitude en France

Sur le tracé de Saint-Agrève, l'équipe technique KTM a dû faire face à un problème précis : le manque de réponse du moteur 250 4-temps à 1 100 mètres d'altitude. Dès les premiers passages du samedi, l'Espagnol s'est plaint d'une relance trop creuse à bas régime (« no sale la moto abajo »). Des discussions ont eu lieu au stand pour modifier la couronne en cours de journée afin de retrouver du couple.

« Je manquais un peu de vitesse et je devais comprendre comment utiliser la moto à 100 % car nous sommes ici à 1 100 mètres d'altitude, et on sent qu'il manque un peu de puissance. »

Garcia avait aussi tenté un choix technique le samedi en roulant avec un pneu avant plus large et plus lourd. Malgré sa victoire en E1 et sa 2e place au scratch samedi, le feeling ne le satisfaisait pas. Il est donc revenu à son pneu avant habituel et à ses réglages de base pour le dimanche, tout en ajustant la carburation pour récupérer du répondant en bas.

Discipline stricte et repérages vidéo

La vidéo montre également quelques exemples de la routine exigeante du champion :

  • Jeûne avant le Supertest : Garcia a refusé de s'alimenter avant le passage du vendredi soir pour rester le plus léger possible (« Ligero, papá ! »). Il manque la victoire pour 4 dixièmes face à Zach Pichon après deux erreurs dans les pierriers.
  • Repérage du samedi soir : Après sa journée de course, il est reparti analyser les spéciales en vélo électrique tout en filmant avec sa caméra Insta360. Son constat est net : sur l'Extreme Test, il a repéré quelques nouvelles lignes intéressantes à ouvrir, alors que sur la Cross et l'Enduro Test, inutile de chercher midi à quatorze heures — c'est  suivre les ornières poignée dans le coin et rien d'autre (« dale a mango y ya está »).

Le bilan de la saison

Le retour aux réglages habituels le dimanche a porté ses fruits. Plus agressif sur sa machine, Garcia a remporté la journée au scratch pour valider ses deux titres mondiaux. Son équipe notait d'ailleurs au départ : « Sur la moto, il a beaucoup plus d'étincelle aujourd'hui ».

Son bilan sur l'année :

  • 7 victoires de journée en EnduroGP.
  • 3ᵉ place comme pire résultat de toute la saison.
  • 9 titres mondiaux au total sur l'ensemble de sa carrière.

 

Débarrassé de toute pression, l'officiel KTM abordera l'ultime rendez-vous au Pays de Galles (du 8 au 10 août) sans le moindre enjeu comptable. Pour autant, nul doute que Pepín n'y va pas pour faire de la figuration : il aura à cœur d'emplâtrer les deux journées en E1 et en EnduroGP pour rappeler, s'il en était encore besoin, qui est le patron de l'enduro mondial

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