Matthieu Gagnoud raconte sa Romaniacs

Matthieu Gagnoud red bull romaniacs 2013Matthieu Gagnoud. Photo Irina GorodniakovaMatthieu Gagnoud n'est pas prêt d'oublier l'édition 2013 de la Romaniacs, le plus long enduro extrême du monde qui s'est disputé la semaine dernière à Sibiu en Roumanie. Tout juste remis physiquement de l'Erzberg Rodeo, Matthieu et sa fidèle 300 TM ont pris la route d'un improbable périple. Il nous fait partager le récit de son expédition dans les Carpates.


«Après 25 heures de camion pour rejoindre Sibiu, l'épreuve a plutôt mal commencé pour moi dès le prologue. Après un premier chrono encourageant (12e), je me suis déboîté l'épaule sur un franchissement de troncs d'arbre pendant la manche en groupe. J'ai pu remettre mon épaule en place et finir cette manche, sans trop savoir si j'allais pouvoir assurer les 4 jours de course ! Le 1er jour de la Romaniacs restera comme la plus longue et la plus dure journée de moto de toute ma vie. Plus de 12 heures de franchissement non stop, entre 6 h du matin et 19 h, 4 pleins consommés dans la journée... j'ai cru que je n'en verrai jamais le bout. J'ai failli jeter l'éponge plus d'une fois mais j'ai finalement terminé la journée, boosté moralement par mon assistance. L'entraide entre pilotes a énormément compté aussi. On n'avait pas le choix ! Le public suit la tête de course et il n'y a parfois plus personne dans les difficultés quand le reste des pilotes Pro arrive, les écarts se creusant assez vite. Tout le monde est tombé en panne d'essence, y compris moi, et il a fallu trouver de l'aide parmi le public, les marshalls etc. L'organisateur avait prévu que le premier pilote termine le 1er jour en 5 heures, et il lui en a fallu 7... Cela en dit long sur la difficulté ! Pourtant la météo était idéale, et ce n'est pas elle la responsable pour une fois : on vient à la Romaniacs pour en baver tout simplement !

«J'ai espéré que ma 300 TM tombe en panne, mais elle n'a jamais lâché!»

Matthieu Gagnoud team TM racing lors de la Romaniacs 2013Matthieu Gagnoud. Photo Irina Gorodniakova
Le règlement prévoit que l'on puisse abandonner une journée ou manquer un maximum de 3 CP, et après réflexion, je me dis que j'aurais sans doute dû abandonner le 1er jour comme beaucoup d'autres pour m'économiser physiquement pour la suite, annoncée comme «moins dure»... ce qui reste très relatif ! J'ai pris le départ du 2e jour, avec une épaule toujours douloureuse, et au bout de 5 heures de moto j'ai arrêté les frais. La 3e journée a été encore interminable, avec environ 11 heures sur la moto, mais je suis allé au bout, malheureusement hors temps : le dernier CP n'a pas été validé, ce qui fait que je ne figurais pas sur la liste de départ du 4e jour. Pour faire honneur à mon assistance, Guillaume, Fred, Benoît et Baptiste -un immense merci à eux, ils ont accompli un boulot de fou- je suis quand même parti pour le dernier jour de course, aussi dur que les précédents. Franchement, j'ai souvent espéré que ma moto me lâche, pour que j'abandonne sur casse mécanique, mais non, pas moyen, elle est toujours d'attaque ! J'ai aussi pensé qu'il fallait être fou pour passer ses vacances dans ce genre d'endroits... Ceci dit, les paysages sont magnifiques, on roule au GPS en pleine nature, mais on n'a pas tellement le temps d'en profiter. Les montées impossibles durent une demi-heure, les descentes idem, à côté de la moto, dans les cailloux... C'est vraiment un truc de fou...

«Je me suis dépassé sur cette course. J'ai beaucoup appris et j'ai réalisé des choses dont je ne me croyais pas capable.»

Je n'imaginais pas que ce soit aussi dur. J'en avais parlé avec des pilotes qui ont déjà participé, mais les organisateurs ont mis la barre très haut cette année. Perso, je me suis dépassé sur cette course. J'ai beaucoup appris et j'ai accompli des choses en franchissement dont je ne me croyais pas capable. Si je veux y retourner ? Là, aujourd'hui je ne sais pas. Physiquement, j'ai beaucoup souffert, entre mon problème d'épaule et un autre au genou, il va bien me falloir deux mois pour récupérer. L'expérience compte dans ce type de course, où il faut aussi gérer les subtilités du règlement, en plus de gérer son effort physique, la mécanique etc. Si j'y retourne, ce sera avec l'expérience en plus ! Mais avant de penser à la Romaniacs, je dois être d'attaque pour The Race et l'En'Duo ! Un grand merci à TM Racing France pour son soutien.»

 


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