On ne va pas se mentir, si tu pensais que ta bécane Euro 5 allait passer sous les radars, l'année 2026 risque de te ramener à la réalité du calendrier législatif. Que tu roules en KTM 300 TPI 2021, une Sherco 125 SE 2020 ou dans ton garage un 700 Ténéré ou même en BMW GS, personne n'est épargné. En bref, quelle que soit la moto, si la date d'immatriculation est comprise entre le 1ᵉʳ janvier 2020 et le 31 décembre 2021, son contrôle technique est à réaliser avant la fin de cette année 2026.
Le calendrier officiel du contrôle technique moto en 2026
Le calendrier est progressif pour éviter l'engorgement des centres. En 2026, on s'attaque à des machines récentes, loin d'être des "vieux tromblons".
- Motos immatriculées avant le 1ᵉʳ janvier 2017 : contrôle à réaliser au plus tard le 31 décembre 2024.
- Motos immatriculées entre le 1ᵉʳ janvier 2017 et le 31 décembre 2019 : À effectuer au cours de l'année 2025.
- Motos immatriculées entre le 1ᵉʳ janvier 2020 et le 31 décembre 2021 : C’est votre tour en 2026.
- Motos immatriculées à partir du 1ᵉʳ janvier 2022 : Premier contrôle au bout de 5 ans, puis tous les 3 ans.
- Motos de collection : délai de 5 ans entre deux contrôles, sauf en cas de mutation.
Parmi les nouveautés 2020-2021 concernées, on retrouve de gros succès comme l'Honda Africa Twin 1100, la Yamaha Ténéré 700, mais aussi des routières comme la BMW F900 XR ou la Kawasaki Z H2.
L’exception licence FFM : le calcul qui fâche
C’est le sujet qui anime tous les paddocks : la licence FFM annuelle permet d'exempter ta moto d'enduro ou de trial du contrôle technique. C'est vrai, mais attention au mirage financier. Une licence est valable un an , alors que le CT est désormais valable 3 ans après le premier passage. Voici les tarifs pour 2026 :
| Type de licence | Tarif 2026 |
|---|---|
| NET (Entraînement toutes disciplines) | 225 € |
| NCO (Compétition Nationale) | 330 € |
| NTR (Nationale Compétition Trial) | 305 € |
L'avis de Freenduro : Si tu es un compétiteur acharné, tu as souvent une moto très récente qui n'a pas encore 5 ans, donc tu n'es pas concerné par le CT périodique. Pour un pratiquant loisir, payer 225 € chaque année (soit 675 € sur 3 ans) juste pour éviter un contrôle à ~70 € tous les 3 ans, c'est clairement du "pipau" financier. L'exemption est un bonus pour le sportif, pas une économie pour le randonneur.
Revente : pro vs particulier
En 2026, si tu décides de te séparer de ta monture, les règles du jeu diffèrent radicalement selon le profil de ton acheteur.
Vente à un particulier : l'obligation de transparence
Dès que ta moto dépasse son cinquième anniversaire, la loi est stricte : tu dois fournir un justificatif de contrôle technique.
- Le délai : le contrôle doit dater de moins de 6 mois au moment de la vente.
- Le blocage administratif : ce document est indispensable pour que l'acheteur puisse obtenir sa nouvelle carte grise via l'ANTS.
- La négociation : techniquement, tu pourrais essayer de vendre ta moto "en l'état" sans CT, en laissant l'acheteur s'en charger. Mais sois lucide : un acheteur sera forcément plus réticent face à une moto sans ce fameux CT. C'est un levier de négociation massif qui te forcera probablement à baisser ton prix bien plus que les 70 € du contrôle lui-même.
Vente à un professionnel : la solution de facilité
Si tu n'as pas envie de t'embêter avec les centres de contrôle ou de remettre ta moto d'enduro en configuration strictement d'origine (clignotants, plaque, bruit), le garage est ton meilleur allié.
- L'exemption : tu n'as aucune obligation de fournir un contrôle technique si tu vends ton véhicule à un garage ou un concessionnaire.
- Le revers de la médaille : le professionnel reporte la contrainte sur ses propres épaules. Il va donc fatalement déduire de son offre de reprise le coût du passage au CT et les éventuelles remises en état nécessaires pour que la moto soit revendable avec un certificat vierge. C'est le prix de la tranquillité.
Le point sur le statut "moto de collection"
Pour bénéficier du régime de faveur des 5 ans (ou de la dispense totale pour les modèles d'avant 1960), une moto doit répondre à la définition officielle du Code de la route (la définition officielle est fixée par l'article R311-1 (paragraphe 6.3) du Code de la route) :
- Ancienneté : la moto doit avoir été immatriculée ou construite il y a plus de 30 ans.
- Production : son type particulier ne doit plus être produit par le constructeur.
- Authenticité : elle doit être préservée dans son état d'origine, sans modification majeure des caractéristiques techniques de ses composants principaux.
Attention, ce statut n'est pas automatique : la mention "véhicule de collection" doit impérativement figurer en rubrique Z de votre certificat d'immatriculation. Pour en bénéficier, le propriétaire doit effectuer une démarche volontaire auprès de l'ANTS pour faire figurer la mention "Véhicule de collection" en rubrique Z de la carte grise.
Avantages et contraintes du statut "collection"
- Contrôle technique (post-1960) : la périodicité du contrôle est étendue à 5 ans, contre 3 ans pour les véhicules classiques.
- Contrôle technique (pré-1960) : les motos mises en circulation avant le 1ᵉʳ janvier 1960 sont intégralement dispensées de contrôle technique.
- Zones à faibles émissions (ZFE) : ces véhicules bénéficient généralement d'une dérogation permettant de circuler librement malgré les restrictions environnementales.
- Plaques d'immatriculation : le statut autorise l'usage de plaques d'aspect historique (caractères blancs ou argentés sur fond noir).
- Usage professionnel : l'utilisation de la moto pour un usage lucratif (transport de marchandises, location, etc.) est strictement interdite.
Liens utiles et sources officielles
Pour creuser le sujet et ne pas te faire avoir par les fake news, consulte les textes :
- Vente d'occasion : règles sur Service-Public.fr
- Législation : article R323-27 du Code de la route
- Dossier Freenduro : tout savoir sur les licences FFM
- Analyse : Pourquoi l'Europe ne supprimera pas le CT
En résumé : si ta bécane est de 2020 ou 2021, tu es concernée en 2026 par le contrôle technique.





