Ducati franchit une nouvelle étape stratégique à l'EICMA 2026. Un an après avoir levé le voile sur sa première machine d'enduro, le constructeur de Borgo Panigale crée la sensation à Milan en présentant en avant-première la Desmo 250 EDS, un prototype d'enduro 4-temps très attendu dont l'arrivée dans les concessions européennes est officiellement annoncée pour l'été 2027 (millésime 2028).
Le projet tout-terrain de Bologne n'est décidément pas une simple opération d'image sans lendemain. Après avoir posé les premières fondations en motocross puis dévoilé sa vision du gros calibre avec la Desmo450 EDS, Ducati s'attaque désormais au segment le plus populaire et disputé des parcs coureurs : la catégorie 250 cm³ 4-temps (E1).

Ce que révèle le prototype 250 EDS exposé à l'EICMA
Si la marque classe encore officiellement la moto comme un prototype et refuse pour l'heure de divulguer sa fiche technique complète, l'exemplaire sous les projecteurs milanais présente un niveau de finition et des périphériques extrêmement proches d'une version de série :
- L'équipement enduro : la face avant intègre une plaque-phare identique à celle de la 450 EDS à éclairage full LED, complétée par des protège-mains enveloppants de série.
- Train roulant : des jantes Takasago Excel noires au format enduro standard — passage obligatoire à une roue arrière de 18 pouces (contre 19 pouces en cross) pour accueillir des pneus homologués FIM et des bib-mousses.
- Ligne d'échappement : un silencieux imposant en aluminium remplace la cartouche courte de la version cross afin de respecter les normes sonores strictes d'une moto homologuée pour la route.

De la Desmo 250 MX à l'enduro : l'inconnue du comportement moteur

La Desmo 250 EDS reprend l'architecture de la Desmo 250 MX dévoilée en juin dernier (châssis périmétrique en aluminium partagé avec la 450 et monocylindre 249 cm³ à commande de soupapes desmodromique). Si le bloc de cross revendique près de 44 ch à 12 500 tr/min avec un rupteur perché à 15 000 tr/min pour un poids de 103 kg sans essence, la version enduro imposera une mise au point bien distincte :
- Cartographie et souplesse : le boîtier électronique et les arbres à cames devront adoucir la vivacité du bloc pour privilégier le coffre et la motricité à très bas régime dans le franchissement.
- Boîte de vitesses : un étagement spécifique enduro (premiers rapports raccourcis et derniers allongés) est indispensable face aux contraintes du sous-bois et des liaisons routières, en particulier sur une 250 4T.
- Intervalles d'entretien : les préconisations de maintenance d'une moto homologuée devront s'éloigner des contraintes d'heures strictes d'une pure machine de compétition motocross.

Pourquoi une commercialisation seulement à l'été 2027 ?
La présence de la mention « millésime 2028 » sur les visuels officiels confirme que Ducati ne précipite rien. Ce calendrier étalé répond à la méthode industrielle de la marque :
- Poursuivre les tests terrain de la plateforme 250 durant toute la saison sportive 2026 et début 2027.
- Finaliser les tests d'endurance mécanique et le passage des normes antipollution Euro 5+.
- Former les équipes techniques des concessions Ducati aux spécificités des motos d'enduro et du réglage desmodromique appliqué à la discipline.

L'avis Freenduro : un défi technique plus grand que sur la 450
Si la 450 EDS impressionne par sa prestance, c'est cette Desmo 250 EDS qui représentera le véritable test de crédibilité de la marque Ducati auprès des pratiquants d'enduro.
Une 450 s'adresse naturellement aux pilotes confirmés, capables de maîtriser une grosse cylindrée 4-temps sans se faire déborder au premier virage. À l'inverse, la 250 4T est la cylindrée 4-temps de prédilection de l'amateur comme du compétiteur en spéciale. Mais pour séduire, elle doit être légère, tolérante et surtout offrir suffisamment de couple à bas régimes pour s'extraire des virages sans obliger le pilote à relancer constamment à l'embrayage.
C'est tout l'enjeu du système desmodromique : remarquable pour maintenir une allonge sans affolement de soupapes à haut régime, il faudra donc que la 250 EDS prouve qu'elle ne rend pas le moteur trop creux ou pointu face aux références autrichiennes et japonaises. Rendez-vous sur les premiers essais terrain d'ici 2027 pour juger sur pièces.

Photos : Ducati / Freenduro
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