Enfin de retour du périple roumain, il est temps pour moi de vous faire part du récit de ma course.
Arrivée dimanche soir à Sibiu au cœur des Carpates en compagnie de mes parents, nous avons pris repos dans les hôtels privatisés par l'organisation et commencé les premiers contrôles administratifs.
Lundi, je finis l'ensemble des contrôles et mets ma moto au parc fermé puis prend la direction du prologue pour le repéré. J'en ai profité pour rejoindre Arnaud Chincholle, qui assurera les reportages pour Freenduro et me suivra toute la semaine.

Mardi, jour de prologue. Celui-ci est artificiel et tracé en ville. Moins technique que l'an dernier, il s'avère quand même rapide avec beaucoup de portions d'équilibre où il y a du temps a perdre si on maîtrise pas l'exercice !
Le principe est simple, un chrono le matin qui qualifiera les 35 premiers pour une finale de 10min le soir. Le classement de la finale déterminera l'ordre du départ du lendemain. Le premier partira à 0, le second avec 1min d'handicap, le troisième 2min etc... du 36ème au dernier il y a un temps de 15min de handicap. J'évolue en catégorie Silver, l'intermédiaire entre pro et amateur. Le niveau est homogène.
Mon chrono va se passé correctement, je passe bien partout mais juste une faute va me couter cher. Dans une triple marche en montée je vais perdre ma roue avant en haut et la bloquée sous les rambardes. Je ne pensais pas avoir perdu beaucoup de temps dans le feu de l'action mais après visionnage de la gopro je perds 30sec ce qui ma me mettre à la 40ème place. Je suis frustré car j'avais la vitesse pour un Top8 mais rien n'est perdu la course est encore longue !


Voici également le lien de la vidéo du prologue : https://www.youtube.com/watch?v=Lb6QXAfrM4o
Mercredi, première journée de course. Les organisateurs nous ont promis du lourds, la météo aussi avec près de 42 degré au soleil ! Le début de course annonce la couleur avec une première descente où je passerais 10min à coté de la moto. La journée va être longue, je vais avoir du mal à me mettre dans le rythme et je subis avec la chaleur. Nous avons de nombreuses montées, longues, avec beaucoup de dénivelé. La chaleur est écrasante et je prends quelques coups de chaleur. Obligé d'enlevé le casque, voir de se refroidir dans la rivière pour retrouver mes esprits ! J'ai fini ma journée, pas aux avant-postes mais je ne perds pas de place et suis ravi d'avoir été au bout de cette journée éprouvante.

Jeudi, la température annoncée va être encore plus élevée, les organisateurs nous annoncent la journée la plus "soft". Règle n°1 : ne jamais croire le roumain ! La première partie est assez rapide mais le terrain est très cassant. Je vais être victime d'un bon par dessus le guidon dans une descente. La machine est froissée, le pilote aussi ! Nous allons prendre de la hauteur, direction les stations de ski, le dénivelé est impressionnant, les points de vue aussi. La deuxième partie de la journée ne va pas être une balade. Des kilomètres de descente et remonté de rivières, des longues montées dans les bois et le thermomètre qui continue de grimpé. Malgré ma chute je faisais une belle journée puisque j'étais remonté à la 21ème place mais je vais craquer complètement à 1h30 de la fin. Je subis une fois de plus la chaleur et fini cette journée en perdant le bénéfice de mes efforts. 33ème du jour c'est mieux mais je suis déjà bien entamé physiquement.

Vendredi, troisième journée de course annoncée comme la plus dure. Les pluies de la nuit ont fait du bien, il fait beaucoup moins chaud. Le tracé est lui toxique, première descente 15min à coté de la moto, deuxième une descente de rivière au milieu des rochers, marches, troncs etc, troisième descente nommée PLEASE NO RAIN. 1000 mètre de dénivelé, le vide, des marches, des rochers, impressionnante, longue, je passerais 30 min a coté de ma moto ! C'est dur physiquement mais je m'accroche, je suis motivé car je remonte fort. Mes efforts s'envoleront à mi-course dans une longue montée. Ma moto sent le brulée et mon embrayage ramolli. Jusque là pas d'inquiétude, la montée est vraiment rude, on sollicite beaucoup l'embrayage notamment lors des nombreux pivots. Celui ci va me lâcher complètement quasiment en haut, ma journée s'arrête là, mon mental aussi !
45 min le temps de redescendre et rejoindre mon assistance pour les premiers constats. Une pierre a cassé mon carter et l'huile s'est vidée sans que je m'en rende compte. Mon embrayage a littéralement fondu, il y a des sacré dégâts ce qui compromets la suite de la course !
Ce serait les disques à changer, j'ai mais là il me faut un embrayage complet. Après quelques heures de recherche, Seb le mécano de Walker nous déniche le précieux sésame ! Il trouve celui-ci chez un dealer allemand qui nous démonte un moteur neuf. Mes parents et Arnaud, avec le soutien d'un team russe passeront une bonne partie de la soirée à tout remettre en état sous un déluge. Grâce à eux je serais au départ de la dernière journée, j'utilise mon joker, nous avons droit à un abandon ou un hors temps.

Samedi, dernière journée mais qui s'annonce pas des plus faciles. Il a plu toute la nuit et je m'élance en dernière position. Le terrain est bien dégradé, glissant comme jamais et je dois me défaire des autres pilotes plantés un peu partout. Je remonte bien sur la première partie de journée jusqu'à l'assistance. La deuxième partie ne sera pas la même. De nombreuses montées nous attends et celle-ci sont dans un état pitoyables lors de mon passage. Je galère vraiment à joindre le sommet, impossible de tirer les bords, les ornières sont profondes jusqu'au cadre, des racines et dalles de pierre partout. J'avance tout de même mais perds beaucoup de temps. Les pilotes abandonnent les uns après les autres ce qui me motive à persévérer et à avancer pour joindre l'arrivée. Dans une des dernières montées avant de plonger vers la plaine et l'arrivée, je vais être pris au piège des montagnes roumaines. Ca ne passe vraiment plus, nous ne pouvons même pas nous écarter, nous sommes sur une crête et le vide est de chaque coté. J'ai beau tout donner, m'entraider avec une autre pilote çà ne passe pas. Pire, a force d'insister, à vouloir tout faire pour aller au bout de cette aventure, j'y laisserai mon plein et mon moral au fond des bois. Ma romaniacs s'arrête là, stoppé en plein vol, la pilule est dure à avaler.
Plus d'eau, plus d'essence, plus rien à manger, et l'organisation, après les avoir contacté, qui me dis que je n'ai pas d'issue de secours appart que de monté cette cote... J'ai pris la décision de redescendre une rivière sans savoir où celle-ci mène. Un ravin, une route, je verrais bien ! Après une heure à pousser, porter ma moto, me voici sur une route et je peux communiquer mes coordonnées Gps à mon assistance pour qu'ils puissent me récupérer.
Fin de chantier, vraiment déçu, mais c'est la course et les aléas des sports mécaniques. Je préfère quand même abandonner sur ces faits de course mais en ayant la sensation d'avoir tout donner, de n'avoir jamais lâcher, plutôt que de m'être fait mal ou d'avoir abandonner de moi-même !

Je tiens à remercier mes parents et Arnaud pour l'assistance, ma compagne pour toute la partie communication lors de la course, l'ensemble de mes partenaires sans qui l'aventure ne serait possible, les personnes qui m'ont soutenu et encouragé et Freenduro pour la confiance !
A bientôt !
Romain








