ISDE 2010 J5

Isde J5Avant dernière Journée et les Français toujours en tête

Les français avaient pour consigne aujourd’hui de gérer au mieux leur avance.

On constate à l’arrivée que même en s’économisant, ils ne laissent personne s’emparer de la première marche du podium. Ils gagnent encore la journée et ont aujourd’hui 10’14" d’avance sur les italiens. Les juniors paient le prix d’une course usante et sans droit à l’erreur (ils sont privés de leur joker depuis le début de la compétition), ils tiennent malgré tout une honorable 4ème place.

Les filles ramènent les motos à bon port et bénéficient des difficultés de leurs concurrentes pour passer leur écart à 1H13’ (oui, on parle bien d’un écart de plus d’une heure, du jamais vu !)

Catégorie TrophéePetite frayeur dans le clan français au CH2. La moto à Nicolas Deparrois, qui souffrait de coupures moteur dans la SP2, n’a pas redémarré et c’est en poussant qu’il est passé entre les drapeaux du CH. L’autre Nico, son mécano, a vite diagnostiqué une cosse électrique écrasée pendant une chute. Saluons son sang-froid. Il a guidé son pilote pour qu’il fasse la réparation, en résistant à la tentation de toucher à la moto, ce qui aurait pu nous disqualifier, d’autant que les appareils photo des finlandais étaient braqués sur lui.

Aubert 3
Johnny Aubert – KTM (photo Mathieu Talayssat)


Mise à part cette mésaventure, les français rentrent au parc fermé ce soir en gagnant les catégories E1, E2 et E3. Les lauréats du jour sont respectivement Antoine Meo (Husqvarna), Johnny Aubert (KTM) et Christophe Nambotin (GAS-GAS) qui confirme son retour en forme. Antoine Meo, tout sourire à l’arrivée, visiblement heureux d’en avoir fini avec ses longues journées de courses, nous donne ses impressions avant l’épreuve ultime du cross final.

"Je suis vraiment content d’en avoir fini avec ces 5 interminables journées. On est passés dans des endroits magnifiques, mais il y avait des cailloux partout, on en a vraiment bavé. Dans l’ensemble, ça s’est très bien passé, chacun a bien fait son boulot et on a eu la chance de ne pas avoir de gros problèmes avec les motos. Seul Nico a galeré un peu aujourd’hui, mais ça s’est bien fini. Demain c’est le cross final et il faut assurer. La stratégie est simple, si je pars devant j’aurais carte blanche pour rouler, mais si je suis enfermé, il faudra que je lève le pied pour ne pas prendre le risque de tout perdre. Je mène le classement individuel E1, mais je ne tenterais pas le tout pour le tout demain pour le conserver, on est là pour le titre collectif."

Catégorie Junior
Encore une journée difficile pour nos juniors qui conservent leur 4ème place mais qui voient le podium s’éloigner. Sans Joker et avec un Pierre Pallut (KTM) abimé à un genou après sa chute d’hier, on ne peut que saluer le courage de nos trois "rookies" et souhaiter que le cross final leur réserve une bonne surprise. A ce stade, tout est encore possible.

Catégorie Féminine
Chez les filles, même soulagement que dans l’équipe trophée. Les mines sont fatiguées, mais satisfaites d’en avoir fini avec la partie la plus difficile de la course.
Les séances de mécanique du soir permettent de se rendre compte à quel point notre équipe féminine suscite l’admiration ici. Le stand n’a jamais autant de public que quand les filles y opèrent. On a même assisté ce soir à une scène de ménage entre un supporter de Ludivine très démonstratif et sa compagne visiblement jalouse…. Ludivine nous avoue sa surprise face à cette notoriété outre-atlantique :


Blandine 2
Blandine Dufrêne - Gas Gas (photo Mathieu Talayssat)

"Je n’avais pas vraiment conscience de ça, mais c’est vrai qu’aujourd’hui, pleins de gens m’attendaient à l’entrée des spéciales, j’ai même entendu des "Je t’aime Lulu" et des "Veux-tu m’épouser ?" On ne profite pas vraiment de ça puisqu’on est vraiment dans un cocon toute la semaine, focalisés sur notre objectif, mais ça fait vraiment plaisir de savoir que l’on a des fans de l’autre coté de l’océan. Concernant la course, on a encore enfoncé le clou aujourd’hui en portant notre avance à plus d’une heure. C’est exceptionnel, mais c’est le fruit d’une bonne préparation. On a une bonne expérience des 6 jours et on a une équipe très homogène et performante. Demain, il va falloir être détendu au cross final. L’an dernier, avec Audrey, on était complètement tétanisées à la présentation du panneau "15 secondes". Cette année, avec une telle avance, il faudra le prendre plus cool."


Après ces 5 journées de courses, les organismes sont épuisés et piochent dans leurs dernières réserves. Pour faire en sorte que nos pilotes soient le moins possible affectés par cette fatigue, et qu’ils puissent rouler dans les meilleures conditions, une équipe médicale vit 24 heures sur 24 avec eux. Un médecin, Dominique Savelli, et deux kinés, Cyril Castaldo et Johan Pelleteret, composent cette équipe.

Le doc’ nous explique les contours de leur mission :
"Nous arrivons quelques jours avant la course afin de faire l’état des lieux, on écoute les pilotes pour voir s’il y a des petits problèmes à régler et les kinés commencent à travailler sur eux. Il s’agit essentiellement là de travail de récupération, de massages. Ensuite, pendant la course, mon rôle est de surveiller et de soigner les divers traumatismes, plus ou moins graves, qui peuvent se présenter. Jusqu’à présent, rien d’important à signaler si ce n’est que j’ai tout de même dû emmener un pilote faire un examen radiologique (Nico Deparrois suite à sa blessure au genou).

Dans une journée de course, l’équipe est présente sur les CH, pour surveiller la nutrition des pilotes, rapidement intervenir si un pilote a un problème, et les kinés assurent des massages de récupération aux pilotes qui le souhaitent, surtout au niveau des avants-bras qui souffrent beaucoup ici.

Le soir, ce sont les kinés qui travaillent le plus. Ils assurent les massages des 13 pilotes, c’est un travail qui s’étend sur une bonne partie de la soirée. Moi, si la journée a été calme et qu’il n’y a pas de gros problème, je fais le tour de tous les pilotes pour m’assurer que tout va bien, et donner quelques médicaments si nécessaire. Les pathologies soignées pendant la course sont diverses. Beaucoup de traumatologie, mais aussi des maux de têtes, fièvres ou gastros.


Glace
Antoine Méo dans la glace (photo Mathieu Talayssat)

L’aspect psychologique est aussi très important, notre rôle est aussi de les rassurer sur la non-gravité de leurs lésions, si c’est le cas bien entendu. Le fait que nous soyons présents sur chaque CH les rassure aussi beaucoup."

Demain, ce sont 20 000 personnes qui devraient converger vers l’Autodrome d’El Aguila pour le motocross final de ces 85èmes ISDE qui désignera l’équipe championne du monde. Selon Fred Weill (Entraineur National des Équipes de France d’Enduro), le temps plus frais qu’il est annoncé sur Morelia demain sera favorable pour préserver la mécanique. Encore 24 heures de stress pour le team France, avant, nous l’espérons tous, la délivrance. Rendez-vous demain pour le verdict.

Résultats :
Trophée :
1 - France
2 - Italie à 10’14"
3 - Finlande à 14’37"

Juniors :
1 - Espagne
2 - Suède à 5’54"
3 - USA à 8’22"
4 - France à 10’15"

Féminines :
1 - France
2 - USA à 1H10’
3 - Suède à 1H15’


Photos de cette ciquième journée par  Pawel Blaszczak : 

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